J’en avais les larmes aux yeux »

 

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À la tête du KABCA depuis trois ans, Jean-Claude-Gley a vécu à Chamalières sa plus belle émotion de président. En attendant Bercy ?

 

Il n’a pas regretté  le voyage en Auvergne. Et les kilomètres du trajet retour, qui s’est achevé par une réception à la salle Faller dans la nuit de dimanche à lundi, ont été « plus faciles » à avaler qu’un jour de défaite. Jean-Claude Gley, le président du KABCA, revient sur la qualification historique de son club pour la finale du Trophée Coupe de France.

 

– Comment avez-vous vécu ces deux matches et notamment le quart de finale indécis (80-79) face aux espoirs de Pau ?

 

– Contre Pau, on gagne d’un point et le palpitant en prend un coup. Le résultat aurait pu basculer d’un côté comme de l’autre. Les joueurs ont fait un match sérieux mais j’avais peur qu’ils soient fatigués pour la demie contre Angers. Mais ils ont encore réalisé une superbe performance (89-73) en étant encore plus impliqués.

 

« Ma plus belle émotion »

 

– Est-ce que ça n’a pas été difficile de se reconcentrer tout de suite après le mano a mano victorieux contre Pau ?

 

– On s’est remobilisé tout de suite. À 23h, tout le monde était au dodo, dirigeants compris (sourire).

 

– En tant que président du KABCA, venez-vous de vivre votre moment le plus fort ?

 

– C’est ma plus belle émotion. J’en avais les larmes aux yeux. Je ne peux pas le décrire. C’est une immense joie pour moi et les joueurs qui sont allés chercher cette qualification au fond de leurs tripes. Ça récompense aussi l’investissement de tous les bénévoles les soirs de match.

 

– Désormais, il va vous falloir préparer la finale à Bercy…

 

– Il faut déjà savoir combien de personnes vont y aller. Dès mardi (aujourd’hui) , on va contacter des autocaristes. Il y a six ans (pour la finale de 2010) , on était parti à 1 500. Là, j’ai déjà reçu plein de messages : ‘‘ On va à Bercy ! ’’

 

On va certainement faire une réunion extraordinaire avec le comité pour préparer ça au mieux. Le seul inconvénient, c’est que notre marche gourmande a lieu le lendemain (1er mai) de la finale…

 

– Le KABCA peut viser légitimement le Trophée Coupe de France mais reste aussi en course pour les barrages d’accession en Nationale 1…

 

– Tout le monde l’espère. Sur ce que j’ai vu ce week-end, on a les moyens de gagner. Maintenant qu’on sait qu’on va à Bercy, on va pouvoir jouer l’esprit plus libéré en championnat. Les joueurs sont de grands garçons, je leur fais confiance pour ne pas se relâcher.

 

On va prendre match après match car il reste encore des gros morceaux à l’extérieur comme Jœuf, Oullins ou Pont-de-Cheruy. Mais il y a possibilité de faire quelque chose de beau également en championnat.

 

« La N1, forcément, on y pense, on en parle »

 

– Cette belle saison valide-t-elle l’orientation semi-professionnelle prise par le club ?

 

– Je pense que ça valide notre stratégie. On a fait du bon boulot avec l’équipe ‘‘ une ’’, dans la recherche de sponsors. Quand je regarde notre équipe actuelle comparée à celle qui est montée en N2, il n’y a pas photo. Les Schaal, Berquier, Sreten (Cabarkapa) …

 

Je pense qu’on peut aller encore plus haut. Mais il faut aussi avoir les finances qui vont avec. La N1, c’est un autre monde. Forcément, on y pense, on en parle.

 

Mais Kaysersberg ne se mettra jamais dans le rouge. On ne va pas tuer le club car derrière, il y a des jeunes qui arrivent. Mais avant de faire des projections, il faut déjà gagner des matches. Je pense qu’on sera fixé après le déplacement à Pont-de-Cheruy (le 23 avril).

 

Les play-offs, ça serait la cerise sur le gâteau. Moi, je me contente déjà de ce week-end, car beaucoup de personnes ne donnaient pas cher de notre peau. Et finalement, on va à Bercy…

 

 

« Quelque chose de grand »

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En mission commando, ce week-end à Chamalières, Kaysersberg a composté son billet pour la finale du Trophée Coupe de France. Les joueurs ont communié avec leurs dirigeants et une poignée de supporters, dans la nuit de dimanche à lundi.

 

 

Ils ont eu droit à une haie d’honneur improvisée, dans l’entrée de la salle Théo-Faller. Rentrés d’Auvergne sur les coups de minuit, après six heures de minibus, les Kaysersbergeois ont été accueillis en héros par une trentaine d’inconditionnels, dans la nuit de dimanche à lundi.

 

Dirigeants, bénévoles, supporters... Tous souhaitaient saluer la performance majuscule réalisée par le KABCA, qualifié pour la deuxième fois en sept ans (2010, 2016) pour la finale du Trophée Coupe de France, prévue le 30 avril (17h30) à Paris-Bercy.

 

La présence de ce comité d’accueil – qui répondait à un appel lancé quelques heures plus tôt sur la page Facebook du club – a profondément touché toute l’équipe, en particulier le coach Fabien Drago, dont les yeux brillants trahissaient une sincère émotion.

 

« Bercy, on y va rarement dans sa vie »

 

Durant une petite heure, les gladiateurs haut-rhinois, magnifiques d’abnégation ce week-end à Chamalières (Puy-de-Dôme), ont bravé la fatigue et les courbatures pour se refaire le film de leur superbe épopée.

 

Yannick Gaillou, l’intérieur bondissant, s’est remémoré son contre décisif en quart de finale (voir DNA d’hier) , samedi lors de la victoire face aux espoirs de Pau-Lacq-Orthez (80-79). Durant quelques dixièmes de secondes, le temps s’est figé. « Je dévie la balle et elle tape deux fois le cercle avant de ressortir, raconte le Guyanais de 36 ans. Même en la touchant, je me dis que ça risque de rentrer ! »

 

À quoi ça tient, une finale à Bercy... Passé tout près de la porte de sortie, ‘‘ KB ’’ a joué libéré, le lendemain face à Angers Saint-Léonard, au point de tuer le suspense avant même le money-time (89-73 au final). « On s’entraîne toute l’année pour ça, pour remplir les objectifs. On était vraiment en mission, témoigne le meneur Willy Berquier. C’est cool d’aller à Bercy. On ressent beaucoup de soulagement car on sait que les gens ne demandaient que ça. »

 

« C’est un peu l’euphorie, on commence à réaliser ce qu’on a réussi, sourit l’ailier Baptiste Cransac. Toutes ces personnes qui nous ont attendus pour venir nous féliciter, ça fait vraiment plaisir. On vient de faire six heures de trajet, mais je crois que c’est le seul déplacement de l’année qui ne m’a pas embêté (rires) ! »

 

Celui programmé dans un mois dans la capitale ne devrait pas trop l’ennuyer non plus. « Ça reste Bercy, la plus grande salle de France, la plus reconnue. On y va rarement dans sa vie. De nombreux basketteurs, d’ailleurs, n’y sont jamais allés... Disputer une finale là-bas, c’est quelque chose de grand. »

 

« Maintenant, il faut gagner »

 

Invité à s’étalonner dans la vertigineuse AccorHotels Arena, le KABCA tentera de remporter le premier Trophée Coupe de France de son histoire, face à l’Union Rennes Basket. Ce duel de clubs de N2 s’annonce ouvert. « Maintenant, il faut gagner », lance Willy Berquier, qui a déjà fréquenté Bercy à deux reprises, « en 2003 et 2005 avec les cadets France du Mans ». « Si on y va juste pour visiter, ce n’est pas la peine, renchérit le chef d’orchestre kaysersbergeois. On se doit de mouiller le maillot et de donner le meilleur de nous-mêmes. On a confiance en nos forces. Sur un match, on peut battre n’importe qui. »

 

Yannick Gaillou a lui aussi vécu une expérience, malheureuse, dans la plus prestigieuse enceinte hexagonale. « J’y ai perdu une finale de Pro B en 2012, sous le maillot de Boulazac (87-78 contre Limoges) », précise l’ailier fort.

 

Ce n’est pas pour cela qu’il boudera son plaisir, à l’heure d’y retourner. « C’est toujours excitant d’évoluer dans une salle comme Bercy, ça n’arrive pas tous les jours. Ça récompense, surtout, notre beau parcours. »

 

Et de conclure, en connaissance de cause : « Une finale, ça ne se joue pas, ça se gagne... »

 

Cabarkapa, Bercy beaucoup !

 

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Qualifiés pour la finale du Trophée Coupe de France, programmée le 30 avril au sein de la plus prestigieuse salle parisienne, les Kaysersbergeois peuvent remercier leur intérieur monténégrin Sreten Cabarkapa (31 ans), grandiose ce week-end à Chamalières.

 

 

Adossé à l’un des murs du petit club-house de la salle Théo-Faller, Sreten Cabarkapa est resté fidèle à lui-même, dans la nuit de dimanche à lundi, au moment de commenter son énorme performance individuelle (29 points), samedi face aux espoirs de Pau-Lacq-Orthez. L’intérieur du KABCA a eu beau porter son équipe sur ses larges épaules, en quart de finale du Trophée Coupe de France, il n’a pas souhaité se laisser bercer par les louanges. « C’est bien, j’ai été adroit, mais je n’aime pas trop me mettre devant le collectif, confie l’ancien joueur du WOSB. On a tous fait quelque chose pour remporter ce match-là. On gagne et on perd ensemble. »

 

« Il a été monstrueux »

 

Cette modestie, toute naturelle chez ce grand Monténégrin de 2,03m, a le don de faire sourire Jean Freyburger, admiratif devant les prouesses de son coéquipier des Balkans. « Il a été monstrueux ce week-end », insiste l’arrière kaysersbergeois, comme pour nous inciter à offrir à Cabarkapa la lumière qu’il mérite, même s’il la fuit.

 

Le principal intéressé, encore auteur de 17 points dimanche devant Angers Saint-Léonard, préfère retenir l’osmose qui habite le groupe haut-rhinois, ingrédient essentiel, selon lui, pour vivre ce genre d’épopée en coupe. « À la fin de la demi-finale, on a tous explosé de joie, raconte le héros discret du KABCA. On s’est pris dans les bras en se disant : ‘‘ On l’a fait ! ’’ On a aussi évacué le stress, parce que ce week-end était stressant. On s’est complètement relâché… Depuis août, on est sur le terrain tous les week-ends. Ça fait plaisir d’aller au bout de l’aventure. »

 

La perspective de disputer une finale à Paris-Bercy, dans une immense enceinte de 15 000 places en configuration basket, enchante Sreten Cabarkapa. « C’est un grand bonheur, s’enthousiasme l’intérieur kaysersbergeois. On va évoluer dans une salle très grande, emblématique, où se sont déjà jouées de nombreuses finales. J’espère que nos supporters seront derrière nous. Ces derniers jours, ils nous ont beaucoup soutenus sur les réseaux sociaux. »

 

S’il reste de marbre devant ses propres performances, le sympathique colosse de ‘‘ KB ’’ n’est évidemment pas insensible aux marques d’affection...